- Biographie
Je suis Michael SICSU, mais tout le monde m’appelle Mika !
Je suis Michael SICSU, mais tout le monde m’appelle Mika !
Je suis né le 1er octobre 1981 à Lyon, à l’issue d’un voyage pour le moins singulier: Ma mère, dont la grossesse était difficile, avait dû être évacuée d’Agadir à bord d’un Falcon 20 spécialement aménagé en version sanitaire médicalisée, avec une sage-femme et une couveuse à bord.
Une naissance lyonnaise sur l’état civil, donc, mais une histoire qui commence bel et bien à Agadir.
Je suis issu d’une famille juive du Maroc — je tiens à cette nuance davantage qu’à celle de « juive marocaine » — dont les attaches les plus récentes plongent à Tanger et dans tout le nord du Royaume, mais dont les ramifications plus anciennes conduisent au Portugal, à l’Espagne, au Brésil ou encore à la Turquie.
Sans en tirer la moindre fierté, qui serait à mes yeux bien mal placée puisque l’on n’a aucun mérite à naître quelque part ou à descendre de quelqu’un, on m’a transmis au fil de ma jeunesse un récit familial assez singulier, du moins moins du cliché juif marocain répandu.
Nombre de mes ancêtres ont été mêlés, à leur échelle, à de grandes pages de l’histoire du Maroc.
Leurs itinéraires ont surtout sillonné le Royaume au point que cette géographie familiale est devenue une part de ma propre identité : Tanger, Tétouan, Larache, Alcazar, Fès, Rabat, Casablanca, Mazagan, Safi, Mogador et, bien sûr, Agadir.
Autant de villes où mes familles ont vécu, travaillé, aimé, bâti ou prospéré.
Chacune constitue, d’une manière ou d’une autre, une parcelle de ce que je suis.
Fils unique et petit-fils unique, – fait rarissime dans notre culture – j’ai grandi entre un père cadre chez Air France et une mère qui, entre autres activités, a tenu pendant près de quarante ans un restaurant sur la plage d’Agadir.
Les cours du soir étaient prodigués par mon grand-père, professeur de latin.
Mon enfance fut heureuse, dans un Agadir que je garde en mémoire comme presque idyllique.
Le restaurant familial constituait à lui seul une formidable fenêtre sur le monde : j’y croisais des personnalités et des gens de tous horizons, chacun avec son caractère, son parcours et son histoire. J’ai probablement puisé là une partie de cette curiosité pour les autres qui ne m’a jamais quitté.
J’ai aussi grandi quotidiennement dans les hôtels de la ville, qui étaient devenus mon immense terrain de jeu.
Cet univers fait de touristes, de rencontres, de spectacles, de langues et de cultures différentes a certainement contribué, lui aussi, à façonner mon rapport au monde.
En décembre 1990, dans le contexte de la guerre du Golfe qui s’annonçait, nous avons temporairement quitté le Maroc pour nous installer à Lyon.
J’arrivais en plein hiver dans un univers radicalement différent de celui que j’avais connu jusque-là.
Ces trois années françaises furent profondément formatrices et riches d’enseignements.
Lorsque je suis revenu à Agadir, je ne regardais déjà plus tout à fait les choses de la même manière : mon adolescence s’est construite avec cette habitude de comparer, de relativiser et d’observer.
À quinze ans, nouveau départ. Agadir ne disposant alors pas de lycée, j’ai quitté cette fois seul le cocon familial pour passer le
Bac & étudier en France.
Toulouse, Paris, Lyon, Nice : plusieurs villes, plusieurs expériences et autant d’occasions de grandir.
J’ai parcouru les cinq continents. Mais aussi loin que j’aie pu voyager, le Maroc restait le pays que j’avais dans la peau.
En janvier 2006, je suis donc revenu m’y installer.
À Agadir, j’ai ouvert le premier restaurant vraiment japonais de la ville. L’aventure durera huit ans avant que je ne cède l’établissement à un investisseur français.
J’y ai découvert quelque chose qui ne m’a plus jamais quitté : l’entrepreneuriat est une drogue dure, presque une salle de shoot.
On y goûte une fois, on passe sa vie à vouloir recommencer.
Car de bonnes idées, il y en a partout. Mais une idée n’est rien si sa réalisation n’est pas bonne.
Les gens qui ont des idées brillantes courent les rues ; les transformer en quelque chose de concret, surmonter les obstacles et aller jusqu’au bout de leur application, voilà le véritable défi.
Depuis décembre 2012, mon activité principale est la gestion de patrimoines fonciers ou bancaires en déshérence.
Successions vacantes auquelles je m’attache à redonner une cohérence et une valeur.
Je me suis également déployé dans l’hôtellerie. Mais entreprendre n’est pas seulement, pour moi, une manière de gagner ma vie. C’est une manière de la vivre.
Je suis aussi, et je l’assume pleinement, un jouisseur et un hédoniste.
J’aime les plaisirs de l’existence, les voyages, les belles choses, les bonnes tables, les rencontres, les spectacles, les découvertes et tous ces moments qui donnent de la saveur au temps qui passe.
Non pas dans une recherche effrénée du luxe ou de l’apparence, mais avec cette conviction que la vie est courte et qu’il serait dommage de ne pas en profiter pleinement.
C’est peut-être précisément pour cela que j’ai toujours eu une peur assez singulière : devenir « un pauvre avec de l’argent ». Posséder sans curiosité, sans passion, sans projets, sans culture et sans rêves me semblerait être une forme de pauvreté bien plus redoutable que celle d’un compte en banque. C’est aussi pour cela que j’entreprends, que j’enchaîne les nuits blanches à travailler, que je crée et que je multiplie les expériences.
Je suis d’ailleurs une sorte de « négligé-calculé » : peu sensible aux conventions pour elles-mêmes, volontiers décontracté dans la forme, mais beaucoup moins improvisé qu’il n’y paraît sur le fond. J’aime cette apparente contradiction.
Avec les années, j’ai également compris que l’expérience est souvent une ancienne souffrance. Les plaisirs accompagnent l’existence ; les épreuves, elles, la sculptent. Ce sont souvent les souffrances qui se gravent et nous enseignent durablement quelque chose.
Marié à Sarita, une épouse extraordinaire aussi belle que simple – à qui Dieu a donné un don unique, celui de me supporter – et père de famille, je consacre aujourd’hui une part considérable de mon temps à ce qui me passionne véritablement : l’Histoire, la mémoire, le patrimoine, la géographie, la généalogie et l’onomastique, cette fascinante étude des noms et de ce qu’ils racontent de nos origines.
Je nourris également depuis toujours une passion particulière pour l’épopée napoléonienne, ainsi que pour le football, qui occupe une place à part dans mon univers.
À cela s’ajoutent la culture sous toutes ses formes, le social, l’écriture, la création artistique et, peut-être par-dessus tout, la transmission.
C’est dans cet esprit que j’ai notamment réalisé deux vastes fresques consacrées à l’Histoire du Maroc et au judaïsme marocain, composée de milliers d’images.
Elle ont rencontré un succès au delà de toute attente, m’ouvrant des débouchés sur des conférences, des rencontres, dîners et discussions avec les plus grands décideurs & intellectuels.
L’Histoire Juive est desormais en Open Source, car que je reste convaincu d’une chose simple : l’inculture nourrit la haine.
Faire connaître l’Histoire, c’est déjà contribuer à rapprocher les hommes.
Je me méfie par-dessus tout de l’immobilisme. « Être dans le vent, c’est l’ambition des feuilles mortes. »
Je préfère suivre mes curiosités plutôt que les modes, quitte à emprunter plusieurs chemins simultanément.
Comme le chantait Georges Moustaki, « l’homme descend du songe ».
J’aime cette idée que ce sont nos rêves, davantage que nos habitudes, qui nous mettent en mouvement.
Aucune réussite professionnelle n’aurait véritablement de goût si elle n’était accompagnée de rencontres, de culture, de création, de projets et de transmission.
Entreprendre, écrire, monter sur scène, restaurer, transmettre, aider, voyager, apprendre : tout cela procède finalement chez moi d’un même besoin.
Aujourd’hui, dans ce que j’aime appeler ma quarantaine rugissante, le cerveau toujours en ébullition et avec davantage de projets que de temps pour les réaliser, je n’ai certainement pas l’intention de ralentir.
Au contraire : tant que l’envie, la curiosité et l’énergie seront là, je continuerai à entreprendre, créer, découvrir et transmettre.
Car, au fond, il ne faut pas simplement traverser la vie, mais essayer d’en faire quelque chose.